Nouvelle crise dans l’industrie foretière

Le 28 novembre 2014 / Michel Munger / Argent

Des scieries et usines de pâtes et papiers ferment leurs portes, car leurs dépenses augmentent et les stocks à bon prix sont trop rares. L’industrie tire la sonnette d’alarme.

Le Conseil de l’industrie forestière a fait une sortie, vendredi, pour alerter le public concernant la lourdeur du nouveau régime, mis en vigueur il y a deux ans.

En gros, le quart des droits des forêts publiques a été mis aux enchères pour générer un maximum de valeur. Les entreprises ont aussi l’obligation d’aménager la forêt pour faire garantir leurs volumes.

Or, l’accès au bois serait trop difficile à obtenir et les prix seraient élevés. Des installations ferment conséquemment leurs portes pour une partie de l’année, comme l’usine Tembec de Béarn l’a fait ce mois-ci.

Le Conseil de l’industrie forestière s’inquiète. Le manque de compétitivité serait une menace pour les 22 500 travailleurs des scieries et les 27 000 des pâtes et papiers.

«Les prix de vente sont très bons, à 450 $ le mille pieds mesure de planche, mais le coût du bois a augmenté de 20% depuis la mise en place du nouveau régime forestier, indique Yves Lachapelle, directeur foresterie au Conseil de l’industrie forestière. Les entreprises arrivent difficilement à rentabiliser leurs activités.»

Le nouveau régime est trop lent pour assurer l’approvisionnement, ajoute M. Lachapelle. «La planification des récoltes a été reprise par le gouvernement. L’intégration de cette nouvelle responsabilité prend un certain temps. Aujourd’hui, nous avons de la difficulté à obtenir du bois d’avance pour optimiser nos opérations et réduire nos coûts.»

Les forestiers seraient ainsi incapables de profiter d’un boom de construction résidentielle aux États-Unis.

«Nos forêts sont en bonne santé, dit-il. Les volumes sont là. C’est l’administration du régime qui retarde l’émission des permis qui donnerait accès au bois. Les usines ont besoin de bénéficier de la reprise des marchés.»

À Québec, Laurent Lessard, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, a promis de faire débloquer des volumes. Environ 57 millions de mètres cubes pourraient être récoltés. Près de 25 millions de mètres cubes l’ont été en 2012-13.

 

Longue crise

Les forestiers avaient déjà une pente à remonter, ayant vécu une crise avant la mise en place du nouveau régime.

De 2008 à 2012, le nombre d’usines de sciage est passé de 321 à 253 selon Québec. Les installations de pâtes et papiers sont passées de 31 à 25.

Les exportations de bois de sciage ont presque chuté de la moitié de 2005 à 2012, s’élevant à 4,6 millions de mètres cubes à la fin de la période.

L’industrie de la forêt génère près de 16 G$ de chiffre d’affaires et versent 4 G$ en salaires et avantages sociaux, estime le Conseil.